S2-ep9 : Pushing to the limits… en Angleterre… en novembre

Un périple de 4 jours et 3 nuits dans le Parc National du Lake District au nord-ouest de l’Angleterre, en autonomie complète.

De quoi déjouer les « il y a des montagnes en Angleterre ? » 😉

Nous sommes 5 aventuriers dont 4 produits locaux issus des environs de Bristol, Londres et Manchester. Leur spécialité : les bivouacs en hamac.

L’aventure était trop alléchante pour refuser, j’ai encore tellement de choses à apprendre et à découvrir !!!

Jeudi 2 novembre 12h50 (heure locale) : 

Je pose les pieds sur le sol anglais, Nathan m’attend, on part rejoindre les autres dans un pub pour établir notre plan d’attaque. La météo tellement imprévisible en Angleterre impose de préparer ses trajets au dernier moment. Ça pourrait faire peur mais au final j’adore ça 😉

Direction Seathwaite, vallée paumée au milieu des montagnes. Sur la route nous traversons les « Chamonix » locaux (Keswick et Ambleside) à cause de la multitude de magasins de montagne qu’on peut y trouver. On arrive au point de départ de nuit après 2h de route depuis le pub.

Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ces 4 aventuriers de la Reine avaient insisté pour prendre des walkie talkies. J’ai compris quand nous avons dû communiquer entre véhicules, de nuit, dans ces vallées pleines de moutons mais sans réseau !!! De plus ça leur permet de se disperser sur les spots éventuels de campement et de communiquer lorsque le meilleur emplacement est trouvé. Effectivement, installer 5 hamacs demande un minimum de place et un bon terrain.

On marche au clair de lune, chacun avec 15-20kgs sur le dos. La vache c’est lourd, nan mais dans quoi je me suis embarqué ??? 🙂

Après 45 minutes de marche à regarder les étoiles, le spot est trouvé. Il est temps pour moi d’apprendre à monter un hamac et sa toile de protection. Cours intensif de choix des arbres, confection de noeuds et divers prussiks pour tendre les éléments !!! J’hallucine sur l’attention portée à chaque détail, les anglais ne font décidément jamais les choses à moitié. Ils sont outillés comme des forces spéciales, coupent et rangent le bois en stères de différents gabarits… Waouw !!!

Tout est monté vers 21h. Tea Time now. Encore une chose typiquement british : Quand un anglais a fini de faire qqch il prépare du thé 🙂

On passera la soirée autour du feu à attaquer les rations préparées par Bob et en dégustant du Jura et de l’Oban. on passera d’ailleurs tout le week-end à essayer de débattre duquel de ces deux whiskies est le meilleur sans trop vouloir vraiment trancher !!!

 

Vendredi 3 novembre (+1150m -700m / 12km / 7h) :

Nuit ultra froide, j’ai dû me mettre en boule dans mon sac de couchage car j’avais les pieds gelés. Mon sac de couchage est limite (température de confort à +3°C). Cela dit, je ne savais pas que ça allait être ma meilleure nuit de tout le week-end.

Nous plions le campement en prenant soin de ne laisser aucune trace derrière nous, pas même du feu de camp.

Nous partons en direction d’Ennerdale (enfin sur le papier). La traversée des tourbières anglaises me rappellent à l’ordre, nous ne sommes plus en France. Désormais, mes pieds seront trempés jusqu’à la fin. Heureusement, les guêtres limitent les dégâts.

Les anglais ont un rythme de fou sur ces terrains glissants et spongieux alors que moi je galère un peu : « Ne pas glisser »… « Assure chaque pas ».. « Holly shit !!! »

On attaque l’ascension du Crinkle Crags. Là je prends le relais, le dénivelé c’est mon créneau et la lecture du terrain me fait naturellement passer en tête. Je challenge David sur le meilleur itinéraire pour rejoindre Bowfell, le tracé initialement prévu n’est pas optimal, je préfère viser le sommet puis suivre la ligne de crête, ça fera moins de dénivelé pour deux qui sont à la peine.

Un vent glacial provenant de la mer, que l’on aperçoit désormais, nous fouette sur toute la ligne de crête !!! Tout ça agrémenté d’un petit crachin, spécialité locale. Fucking british weather.

Mon téléphone sonne, c’est mon frère. Je suis tonton d’un petit Hugo 🙂 Un immense bonheur mélangé à la sensation d’être loin de ma famille me remplit. Nous continuons notre progression, moi avec un petit sourire en coin 🙂 Hugo……….

Notre progression est plus lente que prévue, à cause du dénivelé, des difficultés et du terrain glissant. Nous devons revoir notre plan initial car ça fera trop long et la tempête arrive.

Après avoir passé Bowfell et Esk Pike, nous visons un lac en contrebas. Il fera office de checkpoint pour la nuit. Il est 16h lorsque nous rejoignons le lac. Désormais le temps presse, il nous reste une heure maximum de luminosité et nous devons monter un campement de fortune avec nos bâches et les pierres que nous trouvons sur place.

Le vent commence à souffler très fort. Nous devons composer sur 9m2 avec un plafond au plus haut à un mètre du sol pour cuisiner et dormir. On se réchauffe avec du thé et du whisky, les cuistots nous préparent des pâtes et nous nous réfugions habillés dans nos sacs de couchage eux-mêmes dans des sursacs (bivvy bags) qui résistent aux conditions extrêmes. Certains dormiront bien, d’autres prendront l’eau, nous le savons avant de fermer les yeux mais tant pis, on va faire avec.

 

Samedi 4 novembre (+300m -650m / 7km / 5h) :

Après avoir dormi deux heures pour ma part, le jour se lève enfin, les bâches ont tenu. Il pleut encore un peu mais on peut plier le camp. Direction Ennerdale maintenant, le terrain est encore plus glissant que la veille et on prend conscience du poids de nos sacs lorsque ceux qui tombent tentent de se relever, quelle galère. Le tableau paraît peut-être extrême mais la beauté des paysages que nous traversons nous fait oublier les difficultés.

Il nous reste un élément à passer : Great Gable. Plusieurs itinéraires sont possibles et nous choisissons de le contourner par l’ouest sur un itinéraire en balcon qui monte. La pluie s’arrête pour laisser le soleil apparaître, les premiers rayons nous font l’effet d’un baume au cœur. C’est fou comme ces petits choses prennent autant d’importance lorsque tu es livré à toi même en montagne.

Le sentier en balcon commence par des pas d’escalade sur des dalles détrempées et lisses. Avec notre chargement, nous progressons à vitesse réduite, nous n’avons pas droit à l’erreur car celui qui glisse descend directement dans la vallée. Je n’aime pas ces situations car si jamais on se retrouve bloqué plus loin et si nous devons faire demi-tour, la descente sera encore plus dangereuse. David semble serein concernant la suite, je lui fais confiance et nous continuons. Nous alternons traversée de couloirs de pierres assez instables et mini sentiers exposés. Nous mettrons une heure pour contourner ce sommet et rejoindre le col entre Kirk Fell et Great Gable.

Nous voyons désormais la vallée d’Ennerdale et ses carrés de forêt. Enfin des arbres, les hamacs seront de nouveau de sortie ce soir.

Nous trouvons un spot magnifique en bord de rivière dans une forêt de sapins. Nous nettoyons tout le terrain avant de nous installer. Visiblement, tout le monde n’a pas la même notion de respect de la nature dans le Lake District. Nous ramènerons les détritus avec nous, ce qui donnera un second baume au cœur à cette journée.

Le campement installé, nous nous attaquons au feu en montant aussi un abris à côté. Nous ne nous ferons plus surprendre par la pluie. Dernière soirée au top, nouilles au poulet accompagnées de nos deux inséparables whiskies, on refait une dernière fois le monde et chacun se retire dans son hamac.

La nuit sera encore plus froide que les deux autres et Nathan, tanké à la lisière de la forêt en bord de rivière, verra le matin des résidus de neige sur son toit. Winter is coming now !!!

 

Dimanche 5 novembre (plat / 12km / 5h) :

Nuit encore difficile, on voit que les organismes fonctionnent au ralenti au bout de 4 jours. Nous portons les mêmes fringues depuis le début et notre seule toilette se résume à un brossage de dents. J’ai hâte de prendre une douche et de me coucher dans un lit, un vrai !!!

On part rejoindre Ennerdale Bridge en longeant le lac d’Ennerdale Water. Grand beau et froid avec vent marin aujourd’hui, ça pèle. Nathan et Bob partent devant, urgence familiale oblige pour Nathan et nous terminons avec Jean-Marc et David ce beau périple qui se terminera devant une pinte de Lakeland Lager et un burger dans un petit hôtel en attendant que Bob vienne nous récupérer. Bob et Nathan auront eu la chance de tomber sur des gens sympas qui feront 40min de voiture pour les déposer à notre parking de départ.

 

A 20h je suis à l’hôtel à l’aéroport de Manchester, une bonne douche et un lit king size m’attendent, deux choses qui me paraissaient banales avant de partir et qui m’apparaissent ce soir comme une récompense.

C’est pour ça que je pars faire ce genre d’expédition. Pour me remettre les pendules à l’heure 😉

Informations pratiques :

 

L’aventure en vidéo sur Viméo.

#Angleterre #Cumbria #Parc National du Lake District

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